Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.
Guillaume Apollinaire
Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.
Guillaume Apollinaire
Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.
Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,
Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame
Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l'amour maternel !
Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L'humble vitre d'une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !
Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu'on n'ose plus marcher !
Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
Sois béni parmi l'herbe et contre les portails !
Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes
Et qui fais les petits détails!
C'est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre
Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
A chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !
Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses !
BERCEUSE POUR MON FILS
Tu ne dors pas, mon fils
Tu additionnes les clairs de lune et les églantines
Tu mets des ailes aux grenouilles
Et des nageoires aux sauterelles
Tu varappes dans les mers du Sud
Les chèvres ont des dents de loup
C'est l'été
Tu te récites le conte de la feuille morte
Couché dans les moissons fortes
l'aorte des avoines bat et plus encore bat ton coeur
Tu ne dors pas mon fils
Tu mets des espadrilles aux éléphants
Et des bottes aux antilopes
Tu descends le Mississippi dans une bouteille de coca cola
Les requins ruminent dans les enclos
C'est l'automne
Tu manges une pomme
Juché sur le dos d'un chameau
Tu ne dors pas, mon fils
On fait du sirop avec des ardoises
On les broie dans les usines à ciel ouvert
Avec des framboises et du sucre extrait de l'arithmétique
C'est l'hiver mon fils,
Entre, entre en berceuse
Tu ne dors pas, mon fils
Tu tends des pièges aux participes passés
Tu mets des plumes aux autobus et des moteurs dans les cailloux
Tu gravis l'Himalaya
sur un voilier peint à l'encre de chine
Les marmottes ont le torticolis
C'est le printemps,
Va, mon fils, va, la rose change ses épines en comptines.
Nous vous informons que les administrations et la pose de commentaire seront fermé le mercredi 5 octobre 2011 entre 09h00 et 09h30.
Nous vous prions de nous excuser par avance de la gêne occasionnée.
L'équipe OverBlog
ELOGES DE LA ROSE
(extraits)
Rose de laque rose, ô vase balancé
où
un parfum tendre,
Où le piquant frelon doucement convulsé,
Sent son âme, s'épandre,
Rose, fête divine au reflet argentin
Sur la pelouse éclose,
Orchestre de la nuit, concert dans le jardin,
Feu de Bengale rose !
Rose dont la langueur s'élève, flotte ou pend,
tunique insaisissable,
Que ne peuvent presser les lèvres du dieu PAN
A genoux sur le sable,
Rose qui, dans le clair et naïf paradis
de Saint François d'Assise,
Seriez, sous le soleil tout ouvert de midi,
Près de sa droite assise !
Rose des soirs d'avril, rose des nuits de mai,
rose de toute sorte,
Rêveuse sans repos qui ne dormez jamais
Tant votre odeur est forte,
Fleur des parcs écossais, des blancs cloîtres latins,
des luisantes Açores,
vous qui fûtes créée avant Eve, au matin
De le plus jeune aurore,
Rose pareille au ciel, au bonheur, au lac pur,
à toute douce chose,
Rose faite de miel, et faite d'un azur
Qui est rose, ma rose !...
LA MAISON SERAIT PLEINE DE ROSES
La maison serait pleine de roses et de guêpes.
On y entendrait, l'après-midi, sonner les vêpres ;
et les raisins couleur de pierre transparente
sembleraient dormir au soleil sous l'ombre lente.
Comme je t'y aimerais ! Je te donne tous mon coeur
qui a vingt-quatre ans, et mon esprit moqueur,
mon orgueil et ma poésie de roses blanches ;
et pourtant je ne te connais pas, tu n'existes pas.
Je sais seulement que, si tu étais vivante,
et si tu étais comme moi au fond de la prairie,
nous nous baiserions en riant sous les abeilles blanches,
près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.
On n'entendrait que la chaleur du soleil.
Tu aurais l'ombre des noisetiers sur ton oreille,
puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,
pour dire notre amour que l'on ne peut pas dire ;
et je trouverais sur le rouge de tes lèvres
le goût des raisins blonds, de roses rouges et de guêpes
(De l'angélus de l'aube à l'angélus du soir)
Ce blog est un espace
de paix
de tolérance
de respect
de partage
d'amitié.
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C'est une erreur de croire nécessairement
faux, ce que l'on ne comprend pas
I
"Les gens joyeux sont non seulement de véritables condensateurs
mais encore des détenteurs défluves dynamiques ;
on les aime, on va vers eux,
on les invite,
leurs paroles portent la lumière"
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